mercredi 10 octobre 2018 | 12:11

Les salariés étrangers se sentent bien intégrés à leur poste de travail

Plus de la moitié des salariés étrangers en Suisse se sentent bien intégrés dans leur environnement professionnel.

Peu de discrimination en raison de de la nationalité, de l’origine et de la croyance Photo by rawpixel.com from Pexels
Peu de discrimination en raison de de la nationalité, de l’origine et de la croyance Photo by rawpixel.com from Pexels

Les difficultés linguistiques sont l'un des motifs principaux d'un défaut d'intégration. C'est ce qui ressort de la dernière édition du «baromètre RH suisse» de l'EPF Zurich et des universités de Lucerne et de Zurich.

 

Dans sa dixième édition, le baromètre suisse des ressources humaines (baromètre RH) se consacre au thème principal «intégration et discrimination des salariés étrangers dans l'environnement de travail en entreprise». Sur la base d'une enquête auprès de 1300 salariés étrangers, les facteurs d'influence et les effets de l'intégration vécue et de la discrimination en raison de la nationalité, de l'origine et de la croyance ont été étudiés.

 

En grande majorité, une intégration «pleine et entière»

S'agissant de l'intégration perçue, il ressort globalement une image positive: 52% des salariés étrangers se sentent parfaitement intégrés dans leur univers de travail professionnel et 31% se sentent relativement intégrés. 17% des personnes interrogées indiquent ne se sentir que partiellement, plutôt pas ou absolument pas intégrées. Les difficultés linguistiques apparaissent comme l'une des principaux motifs d'une intégration mal vécue.

 

Peu de discrimination en raison de de la nationalité, de l'origine et de la croyance

S'agissant de la discrimination perçue, le résultat est similaire. 86% des personnes interrogées ne se sentent pas ou seulement peu discriminées en raison de leur nationalité, de leur origine ou de leur croyance dans leur environnement professionnel. Les salariés étrangers ressentent le plus de discrimination dans le processus de candidature et la rémunération. Il est intéressant de constater que les étrangères et les étrangers se sentent en particulier discriminés dans le quotidien professionnel par les clientes et les clients et beaucoup moins par leur employeur.

 

Un potentiel d'amélioration pour le climat d'intégration

Le Prof. Bruno Staffelbach, de l'Université de Lucerne, coéditeur, déclare: «Attentes satisfaites, un bon climat d'intégration et une bonne relation avec les supérieurs et les collègues contribuent à réduire la discrimination perçue au poste de travail.» En particulier, le climat d'intégration est un facteur d'influence essentiel pour l'intégration de salariés étrangers. Il permet de lutter contre la discrimination au sein de l'entreprise. Il existe toutefois dans ce domaine un potentiel d'amélioration dans les entreprises suisses. En effet, environ un tiers des salariés étrangers pensent que le climat d'intégration dans leur entreprise n'est que moyen. Les entreprises avec un climat d'intégration bien développé accordent beaucoup d'importance à des mesures de gestion du personnel équitables, à la franchise envers les personnes ayant des arrière-plans différents et à l'intégration de divers points de vues dans les processus de décision.

 

Les tendances critiques: la rémunération et l'insécurité du poste de travail

Outre un thème principal toujours différent, le baromètre RH comprend des thèmes récurrents qui sont traités dans chacune des enquêtes menées tous les deux ans. Il apparaît dans ce contexte que l'évolution est globalement stable depuis 2012. En Suisse, on peut donc prévoir les attentes constantes des salariés en Suisse.

 

Pour le contrat psychologique, c'est à dire les attentes et offres réciproques, l'écart le plus marqué reste dans l'estimation de ce que devrait être un salaire approprié. Par rapport à la dernière enquête, l'offre salariale des employeurs semble même s'être dégradée. Outre des adaptations réelles de salaires, une meilleure transparence pourrait être utile pour lutter contre cette tendance négative.

 

De plus, cette année, l'insécurité sur le poste de travail atteint aussi son plus haut niveau depuis le début des mesures. En particulier pour les salariés des secteurs «Transports et communication», «Immobilier, location, TI, Recherche et Développement» ainsi que «Industrie de la transformation», on constate une progression relativement importante de l'insécurité sur le poste de travail. Gudela Grote, professeure à l'EPF Zurich et coéditrice de l'étude souligne: «En règle générale, il faudrait investir davantage dans l'employabilité afin que les salariés soient prémunis en cas de perte d'emploi éventuelle.»


Université de Lucerne



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